Dans ma famille, il y a une rumeur qui circule. Il semblerait qu’il soit possible de se faire violer par un cerf ou sanglier. Alors partir dans la forêt de Matra en plein mois d’octobre, période du brame du cerf, c’était tout simplement vouloir avoir une expérience d’un autre type… Je riais hautainement de cette fausse peur, arguant que la probabilité qu’une telle chose arrive reviendrait à considérer qu’un petit lapin nommé « Poupinet » fasse des choses avec l’arrière train de « Poupinette » la belette (dixit la chanson). J’avais la Raison de mon côté, je n’avais pas pris de lampe torche et déjà la nuit enveloppait mon feu, de mon petit gosier niais s’élevait des gazouillis que l’on peut appeler chansons. Tout était chantant.
J’ai vite, très vite déchanté.
La 1ière nuit fut terrible. Alors que mon feu mourrait tranquillement, la forêt s’est mise en mouvement. Des sons partout autour de moi, des sons furtifs, des sons dans les arbres, des sons près de ma tête, à mes pieds, sous mon duvet, mais surtout un son rauque, puissant, venant des tripes me glaçait jusqu’à l’os : le brame du cerf. Les cerfs bramaient puissamment tout autour de moi pour défendre leur territoire et les claquements violant de leurs bois résonnaient près de mes oreilles.
J’avais à ce moment une certitude, du fin fond de mon duvet (qui n’est jamais assez profond dans ces instants) tout mon être criait silencieusement : « je vais me faire violer ! Je vais me faire violer ! Mais pourquoi tu es là ? Pourquoi ! Pourquoi ! Tu es bien trop jeune pour ce type d’expérience ! »
Je ne me suis pas fait violer, non, non, je ne me suis pas fait violer (réjouissement pour les uns, déception pour les autres). Je n’ai pas dormi les 3 premières nuit, en y repensant j’ai trouvé ça très intéressant.
- L’ouïe est le seul réel sens utile dans la forêt. La vue ne sert strictement à rien. Le cerveau comme un radar ne comprend pas ce qui lui arrive. Il me transmettait constamment des « red alert ! Code rouge ! Code rouge ! » à chaque bruit, car il ne pouvait pas identifier le son à quelque chose de connue.
- Mon rythme cardiaque était celui d’un coureur, constamment élevé, impossible de le faire descendre, pire que dans un grand huit, je recevais des shots d’adrénaline à interval régulier.
- La nuit tombait entre 18h00 et 18h15, si mon campement n’était pas établi avant, si mon feu n’était pas prêt à partir (ou s’il ne partait pas avant), je pouvais dire adieu à un bon repas chaud et à un peu de lumière. La lune quant à elle ne se levait que vers 21h00, ce qui signifie qu’entre 18H30 et 21h00 c’est une nuit particulière dense, un pitch black, qui vous entoure et vous serre.
- La Raison que je prônais au début avait depuis bien longtemps pris ses jambes à son cou, rien n’arrêtait ma peur, elle dansait pire qu’un diable endiablé et me confrontait à mes propres phobies, à mes craintes les plus puissantes.
Ce n’est que la 3ième nuit qu’il y a eu un déclic. Mon cerveau soudainement,

Danse autour du feu pour les esprits bienveillants
comme une éponge, à classifié les sons en les faisant correspondre à différent type d’animaux. Par exemple, les petits sons furtifs, discontinus correspondaient à la catégorie « oiseaux ». Les petits sons continus « aux rongeurs », les sons plus lourds continus à la catégorie « cerfs/biches » etc… Mon ouïe s’affinait et surtout la forêt prenait sens !
Je n’étais plus maintenu éveillé toute la nuit, mon cerveau faisant maintenant la part des choses, me réveillant uniquement pour les ‘gros’ sons se rapprochant trop près de moi. J’ai compris que le jour « la forêt dort », c’est la nuit qu’elle s’anime, que les animaux se mettent en recherche de nourriture et que bien souvent étant près des cours d’eau, j’étais sur leur chemin.

Sexy time: dédicace à Ma, Loulou et Lulu
J’ai aussi compris que cette peur d’être attaqué et surtout la peur de l’inconnu. Non, je ne me suis pas fait attaquer, bien souvent sangliers, cerfs, et autres étaient très près de moi car ils ne m’avaient pas entendu, ni senti. Mais dès que ma présence était perçue, ils prenaient la fuite. Oh oui ! Vous pouvez vous faire attaquer par un sanglier, si vous réussissez à le coincez contre une falaise en tapant par terre avec votre bâton tout en criant « JE SUIS OBELIX ! JE SUIS OBELIX ! ».
Je ne sais pas comment vous décrire ça, mais seul dans la forêt, sans lumière, loin de tout sans avoir peur vous procure un grand sentiment de confiance en vous.
- petit fortin
- Sexy time: dédicace à Ma, Loulou et Lulu
- Danse autour du feu pour les esprits bienveillants
- Matin difficile…
- une nuit sous la pluie














J’ai bcp ri sur ce billet Flo en t’imaginant entendre des bruits de castagnettes dans la nuit noire avant de te rendre compte que ce sont tes genoux qui tremblent à l’approche des grands cervidés. J’ai bien aimé tes constatations de psychologie animale qui pourraient donner lieu à un article dans “chasse et pêche “.Moi c’est pareil avec le bruit du RER au bout de trois jours je ne l’entends plus
A ton retour à Sucy tu devrais monter des stages “Découverte du Moi profond et survie en forêt” je suis sûr que cela ferait un tabac chez les bobos.
Excellente idée Pa, je vais tout de suite bosser sur ce projet. Ne t’en fais pas, tu seras mon premier client…
toi meme tu sais … un certain benjamin a vécu l’expérience du cerf ??? pas vrai ?
oh ouiii, et j’ai bien pensé à lui.
Et ce Benjamin,sans même le connaitre,c’est une véritable légende dans la famille!!
C’est peut etre bien de lui qu’on part de la théorie dans la famille, que tout est possible…Bambi ou non,ça tu le sais flo’