Avez-vous déjà ressenti une réelle joie en buvant de l’eau ? Avez-vous été proche d’un orgasme en mangeant une boite de sardine ? (Attention, je n’ai pas dit AVEC une sardine !) Avez-vous trouvé le paradis sur terre lorsqu’un morceau de chocolat noir fondait dans votre bouche ?
Étonnant comme j’ai retrouvé des joies simples, très simples durant ces 10 jours. J’avais bien sur assez à manger, mais parfois je m’endormais ayant faim. J’avais assez à boire, mais pour trouver de l’eau, je devais parfois faire plusieurs kilomètres car le cours d’eau sur ma carte était à sec, tout étonné je réalisais que l’eau n’était pas donnée… Toute cette facilité du quotidien, pouf ! Disparue !
Durant cette ‘petite’ privation de 10 jours, des sons de contentement
emplissaient la forêt quand je dégustais ma boite de sardine avec mes 2 galettes de riz et un peu de fromage. Le soir, je gazouillais en mettant la main dans le sac pour ressortir au hasard un boite de conserve de la marque hongroise ‘budget’, tout content de découvrir ce qu’allait être mon dîner. Ok ; ok ; la dernière nuit et je pense que c’est un clin d’œil d’une entité supérieure, je n’ai pas pu choisir au hasard of course. J’ai pris la dernière boite que j’avais et hop sur le feu pour le dîner. Après l’ouverture, j’ai découvert des espèces de bouts non identifiés qui flottaient dans la sauce tomate. Dans la bouche, le goût était infecte, un goût très graisseux, aucun morceau de viande, juste des morceaux de peau graisseuses. C’était mon seul repas, donc pas le choix… Ludo, mon bon ami qui habite en Hongrie, m’a dit que j’avais mangé des tripes.

Test absolu
Je ne vous parle même pas de la plaquette de chocolat noir que j’avais emportée avec moi (bon d’accord, vous insistez, je vous en parle). J’ai appelé ce test « Comment se mentir à soi même » : vous avez une plaquette d’un bon chocolat que vous aimez. Vous n’avez pas beaucoup à manger durant un certain temps, avec de la nourriture rudimentaire, et le but du jeu est de manger ‘progressivement’ la plaquette, vous devez avoir chaque midi au maximum un demi-carré de chocolat. Je me rappelle discutant avec moi-même :
-allez Flo ! Quoi ! Non tu vas pas laisser ce morceau DEJA CASSE ! C’est rien ça ! Tu peux le manger et il t’en restera facilement pour la suite. Allez pas de chichi, ouvre la bouche.
-(mon autre moi) Non, je le sens pas. Franchement si je le mange, j’en aurais plus pour mes midis et je vais être dégoûté de ne pas avoir un petit goût sucré dans la bouche.
-Attends ! Tu déconnes là ! C’est rien ! C’est un PETIT morceau DEJA cassé ! Laisse moi te dire une chose buddy, si tu le manges pas là, tout de suite, je vais te faire chier toute la journée et les rats ce soir , crois moi, ils vont pas passer à côté de ça…
-Ah zut ! Les rats je les avais oubliés ceux-là ! Donc si je mange juste ce petit bout déjà cassé, ça revient en fait à ne rien manger, car si je ne le mange pas, une souris ou autre chose va le bouffer, donc techniquement je ne prends aucune avance et je ne me prive pas pour la suite.
-EXACTEMENT ! Allez ouvre la bouche et on en parle plus…
Un randonneur lambda aurait pu voir un élégant jeune homme, délicatement assis sur le bas côté d’un chemin fleuri un mec crasseux au regard fou sur le côté d’un chemin regardant pensif un bout de chocolat pendant au moins 5 min, avec des oscillements de la tête de gauche à droite, un front anxieux, parfois même une gestuelle exaspérée.
Je vous avoue que je n’ai pas réussi le test absolu. J’ai tenu 9 jours. Mais j’ai

Les amoureux
une excuse ! C’est pas de ma faute hein ! Les mûres sur le chemin me faisaient des clins d’œil à tout va, et une mûre sauvage sur un morceau de chocolat, c’est un peu comme les amoureux : on ne devrait pas les séparer.
- Poubelle: indispensable pour ne rien laisser derrière
- Test absolu
- Johny mon pote le hérisson
- Après le ruisseau
- Les amoureux




















Flo, Le hérisson tu le manges avec ou sans le chocolat ?
Je crois que l’on va te mettre au pain sec et à l’eau pendant 10 jours ici pour réhabituer lentement ton estomac à la civilisation de la consommation extrême.